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Dimanche 2 décembre 2007
Cette investigation pourtant commune me rappelait par ces incohérences, et dans une certaine mesure, celle à laquelle je devais ma belle carte de commissaire. Bien que les enquêtes de voisinage fassent partie intégrante du cursus qui permet de mener à bien la mission, les informations ainsi recueillies ont parfois l'importance du cours du dollar pour le moineau friquet. Pire, elles peuvent laisser supposer que le fienteur susnommé ne doit son nom qu'à sa cupidité légendaire. Ne dit-on pas que "le moineau friquet se jette sur le sou comme le rapace sur le moineau friquet " ? L'apparence pénalise les innocents et disculpe les suspects. Comme si "l'être et le paraître" s'était mué en "l'enfer, c'est l'avis des autres". Ainsi va la société de l'image !

Ce sont pourtant les mots qui m'amènent aujourd'hui à raconter cette étonnante enquête, sans doute pas la plus spectaculaire à laquelle j'ai eu l'occasion de participer mais certainement la plus marquante, celle qui laisse comme un sentiment indéfinissable dont on se dit qu'on saura un jour s'il est doux, amer ou subtilement troublant. Les mots récoltés de mon carnet, ceux enregistrés sur les bandes magnétiques et plus encore ceux du blogueur semblaient s'entremêler sans jamais se reconnaître, sans jamais se rencontrer. Dalida dans un coin de ma tête chantait " Encore des mots toujours des mots" mais ce n'était pas les mêmes mots. Peu importait la difficulté, je réussirai à défaire les nœuds, j'étais suffisamment rusé pour cela et ce "savoir-flair" qui avait assis ma réputation en son temps me sortirait, une fois encore, d'une situation aux relents d'inextricabilité. Dalida chanta encore une fois " Parole, parole, parole".

Je n'étais alors que petit inspecteur cantonné aux basses besognes. Il va sans dire que depuis, je mets un point d'honneur à maîtriser tous les aspects d'une enquête, même les plus anodins, l'expérience m'ayant appris que, parfois, c'est dans le discret, le détail, l'infiniment quelconque que se terre la vérité. J'ai appris à me méfier des évidences, ces masques de bonté en papier mâché, ces violons joués par une chaîne stéréotypée, ces fausses poses en miroir digne d'un musée de dupes où trônerait en son centre un poncif de rimmel, ces écrans panoramiques de fumée hallucinogène dont le seul but est d'enquinauder le pékin.

Il en va de l'apparence comme des jeux de grattage, si tu ne te satisfais que de ce que tu vois, tu ne risques pas de gagner le gros lot.

A suivre…
 
 
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