L'impossible dictionnaire
 

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Dimanche 20 janvier 2008
J'ai écrit deux versions de cet article. L'une optimiste, l'autre pessimiste. Tiens… N'était-ce pas le sujet des trois premières citations de la semaine ?

La version joyeuse se félicitait d'un an de bons et loyaux services de l'impossible dictionnaire apparu sur le blog le 20 janvier 2007. Ce fut la première version à être écrite.

L'autre, plus récente, se voulait un message d'adieu, une sorte de suicide bloguesque au désespoir du manque de renouvellement participatif depuis près de trois mois. Le suicide… N'était-ce pas le sujet des trois citations suivantes ? Mais alors, ça voulait dire que la phrase du jour depuis tout ce temps n'était que très rarement choisie au hasard ? Faut croire !

Finalement, ce texte de dernière minute sera un mix des versions originellement prévues. Joies et déceptions cohabitant dans un même texte, décidément, je ne me dépare pas de cette inévitable envie de mélanger les genres. Une envie qui est sans doute le cœur même du problème. Quand ceux qui viennent visiter ce blog en pensant y trouver un bon gros jeu de mot grivois tombe sur un texte à épisodes, ils sont déçus. Quand ceux, plus rares très certainement,  qui se sentent attirés par un texte dont le désenchantement le dispute à la rime sombre se lance dans la découverte du site, ils se cachent le visage à la vue des bêtises pour adolescents au rire de chèvre jonchant le pavé de la rue que j'habite (ceux qui ajouteront "de cheval" à cette phrase ne font, je vous le confirme, pas parti de cette catégorie). Et je ne parle pas de ceux qui sont venus pour jouer à un petit jeu sympathique et qui repartent sans avoir compris une broque à la règle parce que le maître des lieux voulant faire original s'est un peu trop gratter la soupière pour pondre des difficultés inédites. C'est qu'on n'est pas là pour se prendre la tête mais juste pour s'amuser ! Et n'ont-ils pas raison, ceux-là, de ne pas vouloir ajouter de haies supplémentaires aux 110 mètres surfés, après une journée de travail harassante.

"Mais de quoi se plaint-il ?" vous dites-vous. "En un an, il a fait évoluer son site régulièrement en proposant tous les jours sans aucune exception ses trois articles journaliers qui, au fur et à mesure, ont attiré des visiteurs de plus en plus nombreux". C'est vrai qu'aujourd'hui, le blog de l'impossible dictionnaire flirte régulièrement avec les premières places des blogs les plus populaires d'Overblog et que son blogrank, pour ceux à qui ça veut dire quelque chose, se situe en permanence entre 85 et 91 (tiens, aujourd'hui, il est à ce maximum !). "Mais de quoi se plaint-il donc ?"

Pendant les six premiers mois, l'impossible dictionnaire a connu des débuts logiquement difficiles et une envolée spectaculaire dont le point d'orgue fut atteint en juillet 2007. Mais depuis, plus particulièrement depuis le mois de novembre, la participation au blog se tasse, parfois dans des proportions dérangeantes quand, comme moi, ce que l'on cherche avant tout dans ce genre d'exercice est plus un échange et un retour qu'un ensemencement du haut de son savoir, de son talent, de son humour, que sais-je !

Accusant le coup, j'avais décidé pour l'année nouvelle de me renouveler en proposant des anciens jeux qui avaient fait leur preuve en leur temps et des nouveaux jeux histoire d'insérer du sang neuf dans un blog qui semblait faire du surplace. Vous savez, la phrase "Qui n'avance pas recul". Dans mon esprit, plus de jeux signifiait plus de participations. Pour le coup, ce fut pire qu'avant.

Ah si j'avais la passion de la politique et des peopolades, si les malheurs et les bonheurs du petit Nicolas ne me laissaient pas froid, si le foot, le tuning ou le point de croix faisaient parti de mes passions, si j'avais l'envie d'écrire au grès des sujets d'actualités, peut-être renouvellerais-je suffisamment mon panel de visiteurs. C'est que le surfeur, par définition, est volatile et instable. Sa seule habitude est de ne surtout pas en avoir. Le net est tellement vaste qu'il ne faudrait pas rater le dernier site à la mode ou la dernière vidéo du mec qui a quelques centimètres près se faisait écraser par un bus en dérapage non contrôlé à envoyer aux copains.

Je dis ça, je joue les victimes mais ma déception n'est pas là. J'enfonce les portes ouvertes à grands coups de béliers connus et d'idées reçues. Des visiteurs, y en a ! C'est leur ininteractivité qui pessimise mon propos.
Etre lu est un vrai plaisir et, c'est vrai, mon rêve le plus secret serait que mes lecteurs puissent se délecter de ma prose tantôt délirante, tantôt poétisante, souvent stupide en tournant des pages de papier. Mais ce que j'apprécie avant tout dans l'exercice du blog c'est la confrontation, la découverte du talent d'autrui et les critiques immédiates qui donnent du baume au cœur ou vous remettent dans le droit chemin. Sans cette nourriture, l'entrain à vous offrir mes trois articles inédits par jour, sept jours sur sept, devient souffrance, le soc devient mou dans le sillon de ma motivation, le plat devient fade et l'envie de changer de cuisinière et de restaurant se fait pressante.

Je n'ai pas réussi à me renouveler, sans doute parce que je n'ai pas cessé depuis un an et que le manque de recul n'aide pas à la chose. Mon autre tort est le manque de temps qui me permet juste de mettre en ligne mes articles. J'avais tenté l'expérience de deux autres blogs mais j'ai été obligé de les abandonner tous les deux pour ne garder que celui-ci. C'est aussi ce manque de temps qui ne me permet pas non plus d'aller autant que je le voudrais visiter d'autres blogs pour jouer le jeu du commentaire qui permet de laisser l'adresse de son blog, semant ainsi un caillou dans la forêt du web pour que chacun puisse trouver le chemin de ma maison.

La motivation rend relatif le temps qui nous fait défaut mais son manque tend à le transformer en temps perdu.
Dans la version optimiste de cet article, je repartais pour une nouvelle année de loufoqueries et de poésie. Dans la version qui devait être définitive, je saluais la foule en lui disant à bientôt ici ou ailleurs.

Dans les deux textes, je remerciais les quelques réguliers du blog que, par la force des choses, il ne m'est pas difficile de nommer : Gold, Christophe Fétat, Skal, Carabin, JC, Philippe, Pol, YanG, j'en oublie sans doute d'autres qui se sont fait plus rare ces derniers temps ou qui n'ont pas encore pris leurs habitudes.

Ceux-là ne sauront sans doute jamais ce qu'ils m'ont apporté et le bien qu'ils m'ont fait.

Mais pourquoi avoir écrit une troisième version, vous dîtes-vous peut-être si vous êtes arrivé péniblement  jusqu'à ces mots ?

C'est vraiment tout con mais, juste hier, la participation a un peu repris. Il s'agit sans doute juste d'un feu de paille mais j'ai envie de considérer cela comme un signe.

Donc, non, je n'arrête pas le blog mais, non, je ne continuerai pas de le remplir au rythme de l'année passée. Je posterai juste quand j'en aurai envie avec des phases de folle intensité et des périodes de silence prolongé.

Au moment où je réfléchis à une belle fin d'article, je me demande si je ne vais pas écrire une quatrième version… Peut-être une prochaine fois. ;-)
 
 
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