Le lendemain, je me retrouvais à atteindre morne l’ouverture d’une grille mal huilée en compagnie de ma chère femme et mon coûteux caddy. J’aime pas les courses. J’aime pas la foule. Je ne vous
raconte pas l’état d’extase extrême qui m’étreignait en ce samedi de corvée familiale. Mais ma mine renfrognée avait une autre explication. La veille, j’avais tourné et retourné dans tous les sens
le programme TV et, sauf erreur de ma part, aucune émission spéciale n’avait été envisagée pour se faire l’écho des 20 ans de vide que nous venions de vivre. Pas que je sois esclave de la
boîte à con mais je m’imaginais naïvement qu’un Desproges avait pour le commun du programmateur TV autant d’importance qu’un Cloclo. Aucune interview de desprogettes, aucun barracuda famélique mais
peut-être me mélange-je les pinceaux par sombre désappointement. "On s‘était donné rendez-vous dans 20 ans !" me souffla Patrick Bruel. "Je ne me rendrais jamais !" avait répondu mon Pierre.
Le début d’une explication ? N’empêche qu’à force d’entendre à tout bout de champ "qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui", je m’étais mis dans l’esprit que l’hommage était
inéluctable. Finalement, je l’ai senti passer un peu plus bas.
Bien que l’esprit du Saint Pierre ne m’avait jamais vraiment quitté - la preuve, c’est mon ami sur Myspace, alors… - je m’étais mis en condition pour cette semaine de putain d’anniversaire. J’avais ressorti la biographie que lui avait consacré Dominique Chabrol et que je n’avais pas rouvert depuis 1994. J’avais osé laisser une petite pensée sur le Myspace de "mon ami" et, après le boulot, vendredi, j’avais chaussé le casque pour écouter religieusement quelques réquisitoires du procureur à la robe austère au dessous de laquelle, je ne vous raconterai pas. Il paraît que France Inter organisait une journée spéciale mais la radio de mon grand-père avait rendu l‘âme depuis bien des années.
C’est donc bougon et mal luné que j’accueillis mollement la stridente élévation de la herse de l’hyper et l’inévitable bousculade qui s‘en suivit. Comme si les prix allaient être moins chers si on arrivait les premiers. Les cons ! J’avais bien comme une démangeaison de faire avancer les vétustes à coups de croquenot dans le croupion pour leur apprendre à grossir la liste des consommateurs le samedi matin alors qu’ils ont toute la semaine pour dépenser tranquillement leur retraite. Mais l’envie n’y était pas. Et je me laissais pousser par le flot de mes misérablement semblables qui ne se doutaient pas du drame qui m'habitait.
Et puis l’illumination me cloua sur place ; une révélation sous fond de promotion sur les boites de petit-pois et les serviettes hygiéniques : Pierre Desproges est vivant !
J’ai aussitôt jeter le livre qui annonçait cette bonne nouvelle dans le fond de mon chariot à provisions. Pierre Desproges est vivant. Ces quatre mots réussirent à me redonner le sourire. Une pléiade d’artistes s’étaient retrouvés sous la houlette de François Rollin pour commettre cet hommage que je dévorerai une fois que j’aurai fini d’écrire ce petit texte. Mieux que ça. Je découvrais que deux des personnes que j’admire le plus figuraient dans le bouquin ; Alexandre Astier parlant de Pierre Desproges. Je dû me concentrer pour m’éviter la honte d’une érection subite. Car bien que l’état physique soit pratique pour pousser le caddy sans les mains, ma pudeur ne m’autorisait pas cette facilité. Pas facile redevenir mou, ne pouvant m’empêcher de me remémorer les noms magnifiques qui côtoyaient mes deux idoles : Alain Chabat, Jean-Louis Fournier, Luis Rego. Heureusement, le nom de Stéphane Guillon me remis respectivement les idées et la bite en place.
Qu’importe, j’avais retrouvé une humeur joyeuse. Même devant la tête bouledoguesque de la caissière, j’avais failli dire "Mademoiselle, je voudrais deux piles !" Mais ne m’attendant pas à une réponse alexandrine de la part de la lectrice de code-barres, je m’abstins.
Bien que l’esprit du Saint Pierre ne m’avait jamais vraiment quitté - la preuve, c’est mon ami sur Myspace, alors… - je m’étais mis en condition pour cette semaine de putain d’anniversaire. J’avais ressorti la biographie que lui avait consacré Dominique Chabrol et que je n’avais pas rouvert depuis 1994. J’avais osé laisser une petite pensée sur le Myspace de "mon ami" et, après le boulot, vendredi, j’avais chaussé le casque pour écouter religieusement quelques réquisitoires du procureur à la robe austère au dessous de laquelle, je ne vous raconterai pas. Il paraît que France Inter organisait une journée spéciale mais la radio de mon grand-père avait rendu l‘âme depuis bien des années.
C’est donc bougon et mal luné que j’accueillis mollement la stridente élévation de la herse de l’hyper et l’inévitable bousculade qui s‘en suivit. Comme si les prix allaient être moins chers si on arrivait les premiers. Les cons ! J’avais bien comme une démangeaison de faire avancer les vétustes à coups de croquenot dans le croupion pour leur apprendre à grossir la liste des consommateurs le samedi matin alors qu’ils ont toute la semaine pour dépenser tranquillement leur retraite. Mais l’envie n’y était pas. Et je me laissais pousser par le flot de mes misérablement semblables qui ne se doutaient pas du drame qui m'habitait.
Et puis l’illumination me cloua sur place ; une révélation sous fond de promotion sur les boites de petit-pois et les serviettes hygiéniques : Pierre Desproges est vivant !
J’ai aussitôt jeter le livre qui annonçait cette bonne nouvelle dans le fond de mon chariot à provisions. Pierre Desproges est vivant. Ces quatre mots réussirent à me redonner le sourire. Une pléiade d’artistes s’étaient retrouvés sous la houlette de François Rollin pour commettre cet hommage que je dévorerai une fois que j’aurai fini d’écrire ce petit texte. Mieux que ça. Je découvrais que deux des personnes que j’admire le plus figuraient dans le bouquin ; Alexandre Astier parlant de Pierre Desproges. Je dû me concentrer pour m’éviter la honte d’une érection subite. Car bien que l’état physique soit pratique pour pousser le caddy sans les mains, ma pudeur ne m’autorisait pas cette facilité. Pas facile redevenir mou, ne pouvant m’empêcher de me remémorer les noms magnifiques qui côtoyaient mes deux idoles : Alain Chabat, Jean-Louis Fournier, Luis Rego. Heureusement, le nom de Stéphane Guillon me remis respectivement les idées et la bite en place.
Qu’importe, j’avais retrouvé une humeur joyeuse. Même devant la tête bouledoguesque de la caissière, j’avais failli dire "Mademoiselle, je voudrais deux piles !" Mais ne m’attendant pas à une réponse alexandrine de la part de la lectrice de code-barres, je m’abstins.
Commentaires
Oh oui ! Vive les sucettes !
No... Don't worry, it's one of my little jokes !
Do you like that ?
In fact, my name is Patricia Cornwell and I'm pleased to see an intellectual blog even if it's french.
Just for you Almaterra(so nice !!), I dedicace my very last book: Lusty car.
Congratulations ans continue your wonderful work on french language !
Kiss
Patty(I wish we're friends)
P.S: I'd love to meet Desproges...
my e-mail: patricia_cornwell@yahoo.fr
No... Don't worry, it's one of my little jokes !
Do you like that ?
In fact, my name is Patricia Cornwell and I'm pleased to see an intellectual blog even if it's french.
Just for you Almaterra(so nice !!), I dedicace my very last book: Lusty car.
Congratulations ans continue your wonderful work on french language !
Kiss
Patty(I wish we're friends)
P.S: I'd love to meet Desproges...
my e-mail: patricia_cornwell@yahoo.fr
commentaire n° : 2 posté par : Plumitif le: 20/04/2008 13:00:30
Ben vlà aut'chose !
c'est dommage, j'ai fait allemand première langue à l'école !
c'est dommage, j'ai fait allemand première langue à l'école !
réponse de : Almaterra (site web) le: 21/04/2008 13:17:50
Alors permets-moi de te dire que tu fais pitié !
amicalement,
Patty
amicalement,
Patty
commentaire n° : 3 posté par : Plumitif le: 21/04/2008 15:02:40
Une réaction comme une autre ! ;-)
réponse de : Almaterra (site web) le: 21/04/2008 17:38:36
Mais c'est qu'il est gentil notre petit Alma...
;-)
;-)
commentaire n° : 4 posté par : Plumitif le: 21/04/2008 20:54:25
Que voilà un vilain mot !
réponse de : Almaterra (site web) le: 22/04/2008 06:02:22
"Mademoiselle, je voudrais deux piles !" n'est pas un alexandrin que je sache.
commentaire n° : 5 posté par : Plumitif le: 21/04/2008 20:59:36
C'est juste une référence, ami !
réponse de : Almaterra (site web) le: 22/04/2008 06:10:10
"COMMETTRE cet hommage"; combien d'années de réclusion ? Parce que c'est pas comme rendre hommage...encore ça, ça passe !
commentaire n° : 6 posté par : Plumitif le: 21/04/2008 21:09:54
"commettre" c'est comme mettre !
réponse de : Almaterra (site web) le: 22/04/2008 06:11:18
"J’aime pas les courses."
Pas un peu maladroit ça ?
Pas un peu maladroit ça ?
commentaire n° : 7 posté par : Plumitif le: 21/04/2008 21:12:59
Mais tellement vrai !
réponse de : Almaterra (site web) le: 22/04/2008 06:12:17
"une révélation sous fond de promotion"
Ne serait-ce pas SUR fond ?... parce que sinon même courageux, tu peux travailler pour !
Ne serait-ce pas SUR fond ?... parce que sinon même courageux, tu peux travailler pour !
commentaire n° : 8 posté par : Plumitif le: 21/04/2008 21:16:24
Ah non, c'est bien sous !
réponse de : Almaterra (site web) le: 22/04/2008 06:12:50
Une rédaction comme une autre !;-)
Je suis méchant hein !
Je suis méchant hein !
commentaire n° : 9 posté par : Plumitif le: 21/04/2008 21:18:33
Si au moins tu pouvais aussi être drôle ! ;-)
réponse de : Almaterra (site web) le: 22/04/2008 06:13:22
J'espère que tu l'as pas mal pris: j'ai voulu me défouler un peu !
Je te décerne le Prix du Meilleur Indice Octane parce que tu ne réponds pas à la provoc' ! Congratulations comme aurait dit Patty...
Bon courage pour ton dictionnaire
@+
Je te décerne le Prix du Meilleur Indice Octane parce que tu ne réponds pas à la provoc' ! Congratulations comme aurait dit Patty...
Bon courage pour ton dictionnaire
@+
commentaire n° : 10 posté par : Plumitif le: 22/04/2008 07:28:27
Cher ami,
Avoir été votre défouloir l'espace d'un instant m'a ravi.
Mais n'y revenez plus ! ;-)
Votre dévoué Almaterra
Avoir été votre défouloir l'espace d'un instant m'a ravi.
Mais n'y revenez plus ! ;-)
Votre dévoué Almaterra
réponse de : Almaterra (site web) le: 23/04/2008 17:48:17
Pour votre plus grand déplaisir, j'y reviendrai !;-)
commentaire n° : 11 posté par : La-Plume-de-Sapience le: 23/04/2008 20:21:09
L'heureux tour !
réponse de : Almaterra (site web) le: 24/04/2008 06:05:34
Je fus décidément trop sec. Je ne puis que revenir car vous fûtes d'une drôlesse admirable. Les plus grands humoristes dans l'art qu'ils ont de singer les modèles à fuir et non pas à suivre ne vous surpassent pas.
En effet :
1)"mélange-je": mélangé-je (raison euphonique)
2)"Je ne me rendrais jamais": rendrai, c'est du futur mon pauvre
3)"l'esprit du Saint Pierre": ?
4)"J’avais ressorti la biographie que lui avait consacré Dominique Chabrol et que je n’avais pas rouvert depuis 1994.": je n'ose vous rappeler les règles d'accord...
5)"si on arrivait les premiers": cela peut vous surprendre mais vous employez mal le pronom impersonnel
6)"mes misérablement semblables": une maladresse
7)"J’ai aussitôt jeter": passé composé (!)
8)"j’aurai fini d’écrire ce petit texte": conditionnel passé
9)"je découvrais que deux des personnes que j’admire le plus figuraient": je ne parle pas de la concordance des temps au risque de vous effrayer...
10)"Je dû": une tentative d'emploi du passé simple ? Un correcteur ne peut pas tout, même pour vous !
11)"Car bien que l’état physique": maladresse
12)"Pas facile redevenir mou": en effet
13)"le nom de Stéphane Guillon me remis": au fait, un nom vous suggère beaucoup de choses !
14)"ma pudeur" : votre pudeur parce que vous en avez une ? Vos écrits le démentent mon cher !
En bref, admirable Almaterra, votre prose mérite d'être publiée tant elle est pure. En toute sincérité, elle est plus douce que l'hydromel et je ne puis m'en passer ! Ces tournures maladroites, ces incohérences, cette ignorance flagrante de la langue me manqueraient trop pour que je puisse m'en passer. Mon "défouloir" ? Non non bien plus ! Ne voyez-vous donc pas ? J'ai souligné de tout mon possible vos talents car assurément vous en avez ! Il n'est pas nécessaire d’y revenir...
Mes hommages, ami savant !
En effet :
1)"mélange-je": mélangé-je (raison euphonique)
2)"Je ne me rendrais jamais": rendrai, c'est du futur mon pauvre
3)"l'esprit du Saint Pierre": ?
4)"J’avais ressorti la biographie que lui avait consacré Dominique Chabrol et que je n’avais pas rouvert depuis 1994.": je n'ose vous rappeler les règles d'accord...
5)"si on arrivait les premiers": cela peut vous surprendre mais vous employez mal le pronom impersonnel
6)"mes misérablement semblables": une maladresse
7)"J’ai aussitôt jeter": passé composé (!)
8)"j’aurai fini d’écrire ce petit texte": conditionnel passé
9)"je découvrais que deux des personnes que j’admire le plus figuraient": je ne parle pas de la concordance des temps au risque de vous effrayer...
10)"Je dû": une tentative d'emploi du passé simple ? Un correcteur ne peut pas tout, même pour vous !
11)"Car bien que l’état physique": maladresse
12)"Pas facile redevenir mou": en effet
13)"le nom de Stéphane Guillon me remis": au fait, un nom vous suggère beaucoup de choses !
14)"ma pudeur" : votre pudeur parce que vous en avez une ? Vos écrits le démentent mon cher !
En bref, admirable Almaterra, votre prose mérite d'être publiée tant elle est pure. En toute sincérité, elle est plus douce que l'hydromel et je ne puis m'en passer ! Ces tournures maladroites, ces incohérences, cette ignorance flagrante de la langue me manqueraient trop pour que je puisse m'en passer. Mon "défouloir" ? Non non bien plus ! Ne voyez-vous donc pas ? J'ai souligné de tout mon possible vos talents car assurément vous en avez ! Il n'est pas nécessaire d’y revenir...
Mes hommages, ami savant !
commentaire n° : 12 posté par : La-Plume-de-Sapience le: 23/04/2008 21:20:51
Eh ben dis donc !
Merci Maître Capellironi ! ;-)
Merci Maître Capellironi ! ;-)
réponse de : Almaterra (site web) le: 24/04/2008 06:08:28









J'espère que les hommages des artistes seront également à la hauteur de l'auteur !
C'est très en dent de scie la qualité des hommage. J'attaque la partie purement desprogienne et, pour le moment, ça sent un peu le réchauffé. mais, bon, ne boudons pas notre plaisir !