L'impossible dictionnaire
 

Premier prévenu

Inscription à la newsletter

Deuxième prévenu

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Participez !

Illustrez l'impossible dictionnaire !
Vous souhaitez faire partie de la bande des illustrateurs de l'impossible dictionnaire de façon ponctuelle ou assidue ? Envoyez-moi un petit mail et je vous explique tout : Contact

Vos mots dans l'impossible dico ?
C'est possible également !
Communiquez-moi par mail vos mots, néologismes et définitions et les meilleurs propositions seront publiées en article avec votre nom et l'adresse de votre blog.

A ce jour, l'impossible dictionnaire a accueilli    visiteurs.

Il y a actuellement  7  curieu(x) sur ce blog.

Recherche

Photoscope

 
Dimanche 9 décembre 2007
Avais-je alors suffisamment de métier pour deviner ces certitudes au moment où je commençais mon habituelle enquête de voisinage ? Je ne peux le dire attendu que malgré tout ce que j'assène avec conviction, finalement, je ne suis guère sûr que de mes doutes.

Armé d'un certain fatalisme, je me faisais à l'époque la remarque que, si ma carrière ne décollait pas, je pourrais me reconvertir dans le démarchage de produits congelés, d'aspirateur, de bougies parfumées ou de portes blindées. En l'état de l'enquête, plusieurs suspects étaient en lice et j'avais jeté mon dévolu sur le plus improbable, le seul sans casier judiciaire. Bon, pour être tout à fait honnête, il m'avait été confié, comme on jette un os dépourvu du moindre morceau de viande à un chien, la plus insignifiante des missions. Il faut reconnaître que de mes supérieurs comme de mes collègues, j'étais sans doute le moins aimé de l'équipe et ne faisais aucun effort pour tenter d'améliorer la situation. Je n'apportais pas de croissants le matin, je n'arborais que très rarement un sourire avenant, pire, je n'aimais ni le foot, ni les voitures, ni le bricolage ce qui ne m'aidait pas à m'insérer dans les conversations de la machine à café.

J'ai le neurone de la sociabilité défaillant. Ou est-ce celui de l'hypocrisie ? Quoi qu'il en soit, sans être ni méchant, ni arrogant, ni franchement énervant, je suis celui dont on se méfie "parce qu'il n'est pas comme nous". Il me revient à l'esprit une chanson de Charlélie Couture qui dit que "les étrangers qu'on préfère, c'est les étrangers de couleur, parce qu'on les repère de loin". Comme vous ne pouvez pas m'éviter, vous allez m'approcher. Et si vous confondez profondeur et proximité, une chose est sûre, je vais vous décevoir. Pourtant, je suis l'exacte définition du français selon le Teuton Hermann von Keyserling, un "introverti émotionnel". Bien joué pour un allemand, non ?

Dans un curieux télescopage, les deux affaires, celle actuel du blogueur et celle ancienne du tueur, me semblent communes, deux chemins aux paysages identiques parcourus par des véhicules dissemblables. Le sentiment ejusdem farinae, qui habite le voisin voulant paraître et l'écriveur web souhaitant voir ses mots paraître, se cachant sous le même masque et s'habillant des mêmes apparats d'apparence, m'apparaît avec force évidence. Juste pas les mêmes raisons. L'un veut cacher ses douloureux penchants pendant que l'autre cherche à être aimé et apprécié. Ou peut-être est-ce le contraire ?

Le voisin redoute qu'on s'insinue en son for intérieur, en son âme profonde, en son tréfonds en embargo, il ne souhaite pas que l'on piétine son paillasson, qu'on s'assoit sur les housses de son canapé, qu'on se serve dans son réfrigérateur pour en diminuer la pitance si durement essartée. Il ne voudrait pas être obligé d'agir sans laisser la sève monter doucement. Le blogueur, lui, laisse la porte-blindée entre-ouverte, invite à découvrir son hinterland inondé par de faibles bougies aux parfums indéfinissables dont le seul rôle est de jeter plus d'ombres que de lumières. Il vous laisse visiter chaque pièce sans toutefois vous laisser le temps de découvrir ce qui craque si désagréablement sous chacun de vos pas. Il vous laisse fouiller dans son frigo mais la lumière ne s'allume que quand la porte est fermée.

Depuis cette prise de conscience, mes idées s'obscurcissent dans une évidente clarté. J'ai du mal à séparer les deux affaires. Je sais juste que l'une est entendue et que l'autre me trouble les sens.

A suivre…
Dimanche 2 décembre 2007
Cette investigation pourtant commune me rappelait par ces incohérences, et dans une certaine mesure, celle à laquelle je devais ma belle carte de commissaire. Bien que les enquêtes de voisinage fassent partie intégrante du cursus qui permet de mener à bien la mission, les informations ainsi recueillies ont parfois l'importance du cours du dollar pour le moineau friquet. Pire, elles peuvent laisser supposer que le fienteur susnommé ne doit son nom qu'à sa cupidité légendaire. Ne dit-on pas que "le moineau friquet se jette sur le sou comme le rapace sur le moineau friquet " ? L'apparence pénalise les innocents et disculpe les suspects. Comme si "l'être et le paraître" s'était mué en "l'enfer, c'est l'avis des autres". Ainsi va la société de l'image !

Ce sont pourtant les mots qui m'amènent aujourd'hui à raconter cette étonnante enquête, sans doute pas la plus spectaculaire à laquelle j'ai eu l'occasion de participer mais certainement la plus marquante, celle qui laisse comme un sentiment indéfinissable dont on se dit qu'on saura un jour s'il est doux, amer ou subtilement troublant. Les mots récoltés de mon carnet, ceux enregistrés sur les bandes magnétiques et plus encore ceux du blogueur semblaient s'entremêler sans jamais se reconnaître, sans jamais se rencontrer. Dalida dans un coin de ma tête chantait " Encore des mots toujours des mots" mais ce n'était pas les mêmes mots. Peu importait la difficulté, je réussirai à défaire les nœuds, j'étais suffisamment rusé pour cela et ce "savoir-flair" qui avait assis ma réputation en son temps me sortirait, une fois encore, d'une situation aux relents d'inextricabilité. Dalida chanta encore une fois " Parole, parole, parole".

Je n'étais alors que petit inspecteur cantonné aux basses besognes. Il va sans dire que depuis, je mets un point d'honneur à maîtriser tous les aspects d'une enquête, même les plus anodins, l'expérience m'ayant appris que, parfois, c'est dans le discret, le détail, l'infiniment quelconque que se terre la vérité. J'ai appris à me méfier des évidences, ces masques de bonté en papier mâché, ces violons joués par une chaîne stéréotypée, ces fausses poses en miroir digne d'un musée de dupes où trônerait en son centre un poncif de rimmel, ces écrans panoramiques de fumée hallucinogène dont le seul but est d'enquinauder le pékin.

Il en va de l'apparence comme des jeux de grattage, si tu ne te satisfais que de ce que tu vois, tu ne risques pas de gagner le gros lot.

A suivre…
Dimanche 25 novembre 2007
Dimanche dernier, à l'occasion du 1000ème article, je me lançais dans une enquête périlleuse à propos du mystérieux auteur de ce blog. J'aurais voulu questionner une grande partie des visiteurs. Mais, était-ce le climat de grève très peu propice aux transports de point de vue ou la période "calendriers-étrennes" des pompiers, facteurs et autres éboueurs qui donnait aux habitations la porteclosite ? Toujours est-il que, régulièrement, dès les premiers toquements à l'huis, les lumières se fermaient, les chiffres et les lettres se taisaient sur un "compte est bon" et le chien se lançait dans un concert d'aboiements entrecoupés de "chhhutttt !" dont la discrétion le disputait à l'envie de m'ouvrir la porte.

Heureusement, parfois, la lumière se faisait sur le paillasson "welcome", un signe qui déclenchait en moi le geste auguste et machinal du semeur de trouble qui sort de sa poche revolver une carte professionnelle ne laissant pas de rider les yeux scrutateurs de ses futurs interlocuteurs. Bien que devenu spécialiste de la détente armée de ma carte de commissaire, il m'arrivait de temps à autre de mal évaluer la distance carte-yeux ce qui provoquait un strabisme convergent qu'il ne fallait surtout pas confondre avec le regard fuyant de l'individu louche. La carte de nouveau en poche, je retirais du même endroit un stylo rouge et un petit carnet à spirales, prêt à jouer les Colombo du pauvre. L'expérience de toute une vie.

Au fur et à mesure que mon calepin se remplissait, je me rendais compte que cette enquête n'allait pas être aussi simple qu'il n'y paraissait au premier abord. Les avis récoltés allaient à l'encontre des informations que j'avais recueillies lors de la planque que je tenais depuis quelques semaines devant le domicile de celui qui se faisait appeler Almaterra. J'avais réussi à truffer son appartement de micros et de caméras et je m'étais même attiré les grâces de quelques complicités au sein de son entreprise.


A suivre…
 
 
transfert de nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus