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9  amateur(s) de bons mots se félicitent en même temps que vous d'être tombé(s) sur ce blog. Ce qui monte le nombre à   visiteurs de bon goût.

Textes et chansons


Vendredi 11 décembre 2009 5 11 12 2009 04:00
Au sortir de l'été, les températures raturent le beau temps et chutent en silence. Le zéphyr Elzévir quant à lui se lève sous la sombre intuition que la fin du cycle est proche. Les arbres tremblent et les branches recueillent un sentiment de vide intense qu'il faudra recréer. Comme l'envoi d'un mailing par lettre manuscrite, la végétation se voit révéler à l'unisson qu'il faudra délivrer son tribut à la terre.

Le vent livre son quota de violence. Il nous tourne la tête comme on tourne une page nous procurant du sol le vertige de la feuille sacrifiée à l'autel du printemps à venir. Morte, elle ne passera pas l'hiver en papier glacé.

Le temps commande et la nature obéit. Du bel ouvrage.
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Mercredi 5 août 2009 3 05 08 2009 04:26
Lundi : Dictorsion sur une phrase de Jean de La Fontaine.

Mardi : Mise en ligne de la fable dont est tirée la phrase à dictorsionner.

Mercredi : Une inspiration almatienne de la fable d'hier. Juste avant de vous laisser lire la fable, sachez qu'elle trouve écho dans un fait divers qui défraya les chroniques judiciaires et politiques il y a plus d'une dizaines d'années.

La mort du piaf

A l'œuvre, on connaît le tisserand.

Qui laissa orphelins ces pauvres oisillons ?
Qui brisa le destin du Piaf troublion ?
Pour nuire aux mystères, la justice se rend.
On le retrouva mort juste un fil à la patte,
plus une plume sur le corps mais les traces d'une chatte.
Le hibou magistral, en juge des oiseaux,
Pensant que son étoile brillerait sans l'échafaud
pris cette histoire banale comme vent ascensionnel
point de vérité sale qui nous brûle les ailes.
La cause est entendue, il est mort de froid.
Distrait, il était nu, voilà qui va de soi.
Le fil ? Il s'est pendu puisqu'il était de soie.
L'affaire est résolue, nous en resterons là.
Le verdict tomba sans qu'il ne fut question
d'aucun coupable chat, d'aucune condamnation.
Surpris, tous le furent par tant de légèreté
Mais c'est dans la nature de ces êtres emplumés
Qu'ils soient de bon augure et c'est la liberté
qui sans un seul coup dur leur permet de voler.
Mais quelques jours plus tard, l'automne anonyme
par un épais brouillard, souffla le mot de "crime".
Cette voix trouva écho dans bon nombre de nids.
Car la vérité vaut quand elle a des appuis.
On apprit assez tôt qui fit courir ce bruit.
C'était maître corbeau, personne ne comprit.
Il est pourtant un fait que l'on ne peut nier
le piaf menaçait de quitter l'arbre entier
pour le chêne d'à côté à la couleur plus verte
Ç'aurait sans doute était une trop grosse perte.
Et puis il y avait eu quelques saisons plus tôt
cette bien étrange affaire, celle des frères sansonnets,
près du trou du pic-vert, on les trouva noyés.
On y a une belle vue mais pas trace de ruisseau.
Comment Dieu se peut-il que même près de ce chêne
La justice des oiseaux soit à ce point si folle
Saint-Louis en exil zappa, changea de chêne
s'éloigna de la ville du maître rossignol.

Tisse ta vérité, o, brave tisserand
Sur ce métier vieilli si souvent bafoué
Toute ressemblance avec une autre histoire ne peut être ignorée.
"Les frelons et les mouches à miel" est une fable qui m'a, c'est vrai, inspiré.
Monsieur de La Fontaine je vous salue bien bas.
Je vais ici couper le fil de mes pensées.
A l'oeuvre bien tissé on connaît le tisserand
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 07 2009 04:24
Souvent, pour s'amuser, cet homme entre deux âges
Se prend pour l'alma-tros, chaste oiseau amère,
Qui fuit in extenso les vagues du rivage
Volant sur l'océan des rires de ses compères.

A peine les a-t-il déposés sur les planches,
Que ce roi à l'usure, maladroits et honteux,
Laisse découvrir ses bêtises du dimanche
Aux quelques visiteurs qui trainent en ces lieux.

Ce voyageur lesté, comme il s'accroche au sol,
Lit, d'un air heureux, commentaires et pensées
Quant l'un agace sa muse avec une classe folle,
L'autre sublime l'effort, un faible avec effet.

Ce Poète est semblable au prince des à peu près
Il tente la tempête et l'écrit en deux mots;
Exilé sur le sol au pays des mots laids,
Son vol s'achève enfin en quelques vers et pieds.


[Référence à un commentaire de Tristan - qu'il en soit remercié - sur cet article]
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Samedi 6 juin 2009 6 06 06 2009 04:14
Je suis là mais je suis vieux, toujours en vie et tellement plus conventionnel, dans la norme. Je me noie dans la foule, je me fonds dans la masse. D'un regard mal retenu, j'épingle la nourrisse et j'embrasse mes enfants, mon héritage, mon avenir. La musique adoucit les angles, rabote le quotidien et noie mon ennui. La reprise est reine dans mes oreilles et mes habits. Je remplis les vides et vide les blancs. Mes goûts ont la faveur de mes dégoûts d'antan. J'amortis le but, je tiédis, je fade. Je me conforme au moule et mes vêtements sont amples, par confort et embonpoint. La raie a remplacé la crête. Les grands mères ne changent plus de trottoirs en me voyant de loin et les enfants ne me montrent plus du doigt en ricanant.

Dans un coin de ma caboche, j'aime à croire qu'un keupon toujours sommeille, soif de mauvaise bière, de concerts embrumés et de pogo d'enfer. Mais le tamis de la vie s'est, petit à petit, chargé de filtrer les impuretés et les jeunes réflexes. Une graisse mentale m'engourdit l'idéal. Désormais, seul prime le ventre, depuis que la rage a cessé de le muscler. L'expérience a tué l'innocence.

Les majeurs d'hier sont les pouces d'aujourd'hui.
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Samedi 2 mai 2009 6 02 05 2009 02:49
Hier soir sur France 2, un magnifique téléfilm m'a ramené à l'esprit quatre petits textes que j'avais commis il y a pile 16 ans sous le coup d'une émotion sincère. Petit entracte sérieux avant le retour aux billevesées.


UN LOUP A LA LUNE

Sur un coin de sa bouche
Se dessine un croissant
Soulignant peu farouche
Son sourire naissant.
Au loin loup assassine
sa propre solitude
A la meute orpheline
Si coupable attitude
Que peut-on voir de l'oeil
De l'endroit où je suis ?
Bien trop loin du cercueil
Et trop près de la vie


SUR LE BORD DU STYX

Une pression
Légère légère
Un crissement
Tout doux tout doux
Une expression
Amère amère
Un sentiment
Si fou si fou
La peur l'honneur
Un geste leste
Une détonation
Un étonnement
Une rancœur
Le choix d'un reste
Une émotion
Un picotement
Un homme se meurt
Un samedi après-midi
Sur le bord de l'eau
Glissa une silhouette
A la botte de Nevers
Une mort après la vie
Se coula dans la peau
D'une balle pickpocket
D'un ministre sincère


SALVE ATTRISTE

En l'honneur de la presse
On tira vers le ciel
Une salve pour Marianne.
Une balle de détresse
atterri dans le crâne
D'un sujet bien à elle.


FLASH A MORT

Quand la mort livre une caresse
Que l'orage vous éblouit
Dans certains cas, je vous le dis
Elle possède une carte de presse.
La liberté dont elle jouit
A les limites de l'infini
Une pensée que cela cesse
Curiosités, je vous oublie.
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Mardi 12 février 2008 2 12 02 2008 07:53
A un article de Eléonore sur l'année du rat, j'ai laissé un commentaire que je vous retranscris ici, agrémenté de nouvelles propositions :

L'année du rat ? Est-ce l'année qui nous permettra :

- De ne pas ronger ses freins pour mieux ronger sa chambre à air.

- De ne pas faire un fromage des petits tracas quotidiens et de vivre sa vie croute que croute.

- De mieux manier la souris afin d'agrandir son cercle d'amis au sein des chats et autres endroits sur le net ouvert à tous même aux rats de bibliothèque, nouvelle eldorado des joueurs de flûte du XXIème siècle.

- D'enfin pouvoir assister à un spectacle de danse à l'opéra sans s'endormir. C'est que les petits rats de l'opéra ont peur des ronflements qu'ils prennent toujours pour des ronronnements même si le meilleur moyen de conserver son calme est de pratiquer assidument des entrechats.

- De faire plus que jamais œuvre de chat-rité même et surtout envers les rat-chitiques. Ne plus être le rat d'un individu mais le capitaine d'un rat d'eau empli de compassion, d'amour et de don de soi, une embarcation rare dont de plus en plus de rats quittent le navire pour celui de l'individualisme et du nombril roi. Que ceux-là soit châtrés ou mieux transformés en rats-dégoût.

- De ne plus se moquer des tapettes, un drôle de mot pour cet objet dont la seule raison d'être est d'attirer les souris.

- De ne pas trop se tuer au mulot même si le slogan du moment est "travailler plus pour gagner moins de temps à voir grandir ses petits rats".

Et vous, que pensez-vous que l'année du rat nous permettra de faire ?

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Samedi 22 décembre 2007 6 22 12 2007 16:12
Je ne sais pas comment cela se passe chez les autres coucheurs de mots mais, moi, quand j'écris un texte, je ne suis  que très rarement satisfait de ce que je relis. Des fois je jette, des fois je refais mais rarement je retravaille une autre version en parallèle de la première. A vrai dire, ce dernier cas ne m'est arrivé qu'une fois avec le texte que je vous propose aujourd'hui en trois versions : l'originale, l'essentielle et l'étoffée.  Laquelle préfèrerez-vous ?

Laissez moi vous raconter cette histoire, le conte de la folie animale :

Un singe porte ta croix sur une planète déserte.
Le cortège est suivi d'un chapelet d'ombres inertes.
Et moi qui suis absent, renard inassouvi,
Je pleure sur l'île morte de ma frigide envie.

Moi sur terre, j'ai tant craint l'avalanche.
Toi sous terre, orpheline est ta branche.
L'écran s'éloigne doucement vers mon âme digitale
Pour faire place à l'ivresse de l'impossible râle.

Un loup hurle l'ignorance par delà les étoiles,
Vers l'espace où se trouve la folie animale.
Et ma tête s'éclate sur le pavé jauni
Par le passage des verres et de ce qui s'en suit.

Et le sang coule à flot sur les yeux des passants
Qui ne voulaient que rendre leur oxygène au vent.
Changement de décor et changement d'humeur.
Tu te sens euphorique la lame dans le coeur.

Car tu aimais la mort et tu lui as prouvé.
Le corbeau croasse de joie car on va t'enterrer.
Ce n'est pas lui, tu vois, qui jouait double jeu.
Pour un caméléon, le noir est un enjeu.

Le jour est arrivé, mon cercueil est à toi.
Et derrière le croque-mort, un singe porte ta croix.

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Un singe porte ta croix sur une planète déserte.
Le cortège est suivi d'un chapelet d'ombres inertes.
Et moi qui suis absent, si ce n'est par ma vie,
je pleure sur l'île morte de ma frigide envie.
L'écran s'éloigne doucement vers mon âme digitale
pour faire place à l'ivresse de l'impossible râle.
Un loup hurle l'ignorance par delà les étoiles,
vers l'espace où se trouve la folie animale.
Et ma tête s'éclate sur le pavé jaunis
par le passage des verres et de ce qui s'en suit.
Et le sang coule à flot sur les yeux des passants
qui ne faisaient que rendre leur oxygène au vent.
Changement de décor et changement d'humeur.
Tu te sens euphorique la lame dans le coeur.
Car tu aimais la mort et tu lui as prouvé.
Le corbeau croasse de joie car on va t'enterrer.
Le jour est arrivé, mon cercueil est à toi.
Et derrière le croque-mort, un singe porte ta croix.

--------------------------------------------------------------------

King-Kong porte ta croix sur une île inconnue.
Le cortège est suivi d'un chapelet d'ombres nues.
Et moi qui suis absent, renard inassouvi,
Je pleure sous l'effet de ma frigide envie.

Ton cercueil est conduit au bas de la navette.
Si seulement les hommes étaient un peu moins bêtes.
Le vaisseau disparaît, alarme digitale,
Sous le flot sidéral de l'impossible râle.

Une bouteille à la mer me soulève le cœur.
Je la ramasse sale et vomis mon erreur.
Un loup hurle à la lune un aveu d'ignorance
Un des soleils jaloux par tant de concurrence
s'éloigne à l'infini par delà les étoiles,
Vers l'espace où naquit la folie animale.

Ma tête se rétracte à force de donner
l'impression du serein au jaune du pavé
Et le sang coule à flot sur les yeux des passants
Qui souhaitaient juste offrir leur oxygène au vent.

Changement de décor et changement d'humeur.
La nature profonde inonde la nature
Un phoenix ordurier, égoïstement sur
L'aile du temps qui passe, accomplit le miracle
De croire à son destin, d'ignorer la débâcle.
Tu nie l'euphorisant d'une lame en plein coeur.

Oui, tu aimais la mort et tu lui as prouvé.
Au loin le corbeau croasse y doit-on desseller
L'inéluctable joie qu'il aimerait cacher ?
Au regard des hommes, le rire est un pécher.
Ce n'est pas lui, tu vois, qui jouait double jeu.
Pour un caméléon, le noir est un enjeu.

Moi sur terre, j'ai tant craint l'avalanche.
Toi sous terre, orpheline est ta branche.
Le jour est arrivé, mon cercueil est à toi.
Je l'ai tellement usé, tu ne m'en voudras pas.

Derrière le croque-mort, l'habitude m'isole.
Un singe géant passe une croix sur l'épaule.

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Samedi 15 décembre 2007 6 15 12 2007 16:55
Ma plume aime à nourrir la moindre page vierge
Pour défendre la veuve, son fils ou l'orphelin.
Pour l'étape du jour, elle a choisit l'auberge,
A remettre le couvert, de connerie elle a faim.

J'écris pour toi ma belle, toi qui es rejetée,
J'écris pour toi, pour elles, tes sœurs de ghetto blanc.
J'écris contre les cons, tous ceux que pour "Les B."
J'appelais les chauvinistes, les francos, les branlants.

Tous ces ayatollahs de la vie, de l'amour
Qui promulguent leurs lois sans aucun sentiment
Transposent leur castration en talion des grands jours
Je parle de leur esprit, je crois que c'est évident.

Si il faut que l'on aime, que cela soit aux normes,
A l'image de l'aimant le plus attire le moins.
Ton miroir te reflète ce qui t'attire, tes formes,
Ta parallèle te voit mais jamais ne te rejoint.

C'est avec toute ma haine que j'écris ce constat
Au nom d'une liberté si souvent bafouée.
C'est étreint de tendresse que je m'adresse à toi
N'étant pas de tes goûts, pour moi c'est étranger.

Oui, j'ai dit "étranger", dans le bon sens du terme,
Pas d'uniformité, vive la différence.
Si tous ressemblaient à ce que je renferme,
Demain je m'évaderais en éternelle errance.

Mais ce n'est pas parce que je ne suis pas de ceux
Qui ont le monopole de ton amour physique
Que je te livrerais à toutes ces petites queues
Frustrées de ne t'avoir au lit, c'est pathétique.

Je t'imagine parfois te contemplant les mains,
Ton regard est plongé dans celles d'une victime.
Tu dois te demander ce qu'elles ont de commun
A celle qui t'a écrit cette lettre anonyme.

La lettre est sur la table et tu l'as lue deux fois,
Une première pour la lire, une autre pour y croire.
Au vil pays des lâches, ce pli étale un droit.
Un majeur suffira, range-moi donc ce mouchoir.

Bien sûr qu'il faut se battre contre ces poules de haine.
Ne pas lâcher la corde et relever les gants.
Dis leur que tu es femme avant d'être lesbienne
Et que c'est ta nature par manque de bons amants.

Dis leur à tous ces mâles, à tous ces gras machos
Que l'amour entre femme est douceur et caresse,
Que la violence du rut c'est pour les animaux,
Qu'une bite dans le cul, ça fait trop mal aux fesses.

Et dis leur que l'amour, selon le temps, le nombre
Change parfois de genre féminin, masculin.
Et ce n'est pas ta faute, si en cas de surnombre
Ton cœur, étant si gros, il bat au féminin.

Dis-leur, dis-leur, dis-leur… Ca ne changera rien !
Leur cerveau en minceur est battu par leur sexe.
Mais de crier comme ça, putain, ça fait du bien !
Ils voulaient une victime et tu n'es qu'un prétexte.

Ce qu'ils ont dans la tête, les frustrés du six coups
Quand ils pensent aux deux femmes, érection à l'extrême,
Le couteau en action, la bible dans l'égout,
Ce n'est pas de punir, c'est d'être le troisième.

Je dois pourtant te dire ou plutôt t'avouer
Que l'idée du trio m'a parfois effleuré
Et rien que d'y penser, mon stylo bleu foncé
Redresse l'écriture que j'ai parfois penchée.

Le fantasme s'envole vers mon regard songeur,
Je ne peux plus écrire la moindre méchanceté.
J'espère t'avoir donné un peu de baume au cœur,
Je te quitte, on est quitte, mon cœur est tout gonflé.

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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 12 2007 06:15
Avais-je alors suffisamment de métier pour deviner ces certitudes au moment où je commençais mon habituelle enquête de voisinage ? Je ne peux le dire attendu que malgré tout ce que j'assène avec conviction, finalement, je ne suis guère sûr que de mes doutes.

Armé d'un certain fatalisme, je me faisais à l'époque la remarque que, si ma carrière ne décollait pas, je pourrais me reconvertir dans le démarchage de produits congelés, d'aspirateur, de bougies parfumées ou de portes blindées. En l'état de l'enquête, plusieurs suspects étaient en lice et j'avais jeté mon dévolu sur le plus improbable, le seul sans casier judiciaire. Bon, pour être tout à fait honnête, il m'avait été confié, comme on jette un os dépourvu du moindre morceau de viande à un chien, la plus insignifiante des missions. Il faut reconnaître que de mes supérieurs comme de mes collègues, j'étais sans doute le moins aimé de l'équipe et ne faisais aucun effort pour tenter d'améliorer la situation. Je n'apportais pas de croissants le matin, je n'arborais que très rarement un sourire avenant, pire, je n'aimais ni le foot, ni les voitures, ni le bricolage ce qui ne m'aidait pas à m'insérer dans les conversations de la machine à café.

J'ai le neurone de la sociabilité défaillant. Ou est-ce celui de l'hypocrisie ? Quoi qu'il en soit, sans être ni méchant, ni arrogant, ni franchement énervant, je suis celui dont on se méfie "parce qu'il n'est pas comme nous". Il me revient à l'esprit une chanson de Charlélie Couture qui dit que "les étrangers qu'on préfère, c'est les étrangers de couleur, parce qu'on les repère de loin". Comme vous ne pouvez pas m'éviter, vous allez m'approcher. Et si vous confondez profondeur et proximité, une chose est sûre, je vais vous décevoir. Pourtant, je suis l'exacte définition du français selon le Teuton Hermann von Keyserling, un "introverti émotionnel". Bien joué pour un allemand, non ?

Dans un curieux télescopage, les deux affaires, celle actuel du blogueur et celle ancienne du tueur, me semblent communes, deux chemins aux paysages identiques parcourus par des véhicules dissemblables. Le sentiment ejusdem farinae, qui habite le voisin voulant paraître et l'écriveur web souhaitant voir ses mots paraître, se cachant sous le même masque et s'habillant des mêmes apparats d'apparence, m'apparaît avec force évidence. Juste pas les mêmes raisons. L'un veut cacher ses douloureux penchants pendant que l'autre cherche à être aimé et apprécié. Ou peut-être est-ce le contraire ?

Le voisin redoute qu'on s'insinue en son for intérieur, en son âme profonde, en son tréfonds en embargo, il ne souhaite pas que l'on piétine son paillasson, qu'on s'assoit sur les housses de son canapé, qu'on se serve dans son réfrigérateur pour en diminuer la pitance si durement essartée. Il ne voudrait pas être obligé d'agir sans laisser la sève monter doucement. Le blogueur, lui, laisse la porte-blindée entre-ouverte, invite à découvrir son hinterland inondé par de faibles bougies aux parfums indéfinissables dont le seul rôle est de jeter plus d'ombres que de lumières. Il vous laisse visiter chaque pièce sans toutefois vous laisser le temps de découvrir ce qui craque si désagréablement sous chacun de vos pas. Il vous laisse fouiller dans son frigo mais la lumière ne s'allume que quand la porte est fermée.

Depuis cette prise de conscience, mes idées s'obscurcissent dans une évidente clarté. J'ai du mal à séparer les deux affaires. Je sais juste que l'une est entendue et que l'autre me trouble les sens.

A suivre…
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Samedi 8 décembre 2007 6 08 12 2007 17:14
Je ne suis pas le premier à prendre ma plume pour une arme
trempée au noir de l'encrier et diluée par l'eau des larmes.
Je ne suis pas le premier à défendre une cause
et ne serais pas le dernier si après moi l'on ose.
Je voudrais d'un ton détaché vous assener des vérités.
Tout simplement "Vous vous trompez !" et "Ne dites plus ça, s'il vous plaît !"
Je voudrais d'un ton détaché, la main tendue, le coeur serré,
pouvoir enfin vous pardonner... Mais il faudrait pas déconner !
Car le vrai sens de mes pensées, le coeur tendu, le poing serré,
est que si tout ça doit durer, en place de plume, je vais m'armer.
Je vais combattre la connerie de tous ces franco-chauvinistes,
de toutes ces blagues où ils ont ri, soixante millions sur la liste.
Car tous ces franco ont de porc la gratuité de leurs rires gras.
Il n'ont d'homme que le corps et n'ont d'honneur que le bras.
"Le rire est le propre de l'homme" comme nous le rappelait Rabelais.
Etant moins homme que les hommes, c'est pour vous "sale" qu'il fallait.
Tout le monde en a pris pour son grade, les suisses, ritals ou polonais.
Mais quand l'humour est dans les stades, on ne peut plus que s'abaisser.
Oh ! ce fut peut-être drôle au début. C'était nouveau, sans prétention.
Mais on met fin à tout abus, certains n'y font pas attention.
Moi, je m'adresse à tous ces cons qui mettent la France au firmament
au prix d'une lutte à coups de talon dans la gueule des belges, des flamands.
A tous ces gens qui sèment la peine au féminin, au masculin,
à tous ces gens qui ont la haine de ne trouver pas plus crétin.
Vos histoires belges sont à l'image d'une intelligence très en pente,
pour les comprendre, dans leur sillage, retrouvons nous tous à plat ventre.
J'en finis là pour cette fois. Quand je me fâche c'est pour de bon.
Pour me calmer je vais, une fois, rejoindre mes amis les wallons.
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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 12 2007 04:28
Cette investigation pourtant commune me rappelait par ces incohérences, et dans une certaine mesure, celle à laquelle je devais ma belle carte de commissaire. Bien que les enquêtes de voisinage fassent partie intégrante du cursus qui permet de mener à bien la mission, les informations ainsi recueillies ont parfois l'importance du cours du dollar pour le moineau friquet. Pire, elles peuvent laisser supposer que le fienteur susnommé ne doit son nom qu'à sa cupidité légendaire. Ne dit-on pas que "le moineau friquet se jette sur le sou comme le rapace sur le moineau friquet " ? L'apparence pénalise les innocents et disculpe les suspects. Comme si "l'être et le paraître" s'était mué en "l'enfer, c'est l'avis des autres". Ainsi va la société de l'image !

Ce sont pourtant les mots qui m'amènent aujourd'hui à raconter cette étonnante enquête, sans doute pas la plus spectaculaire à laquelle j'ai eu l'occasion de participer mais certainement la plus marquante, celle qui laisse comme un sentiment indéfinissable dont on se dit qu'on saura un jour s'il est doux, amer ou subtilement troublant. Les mots récoltés de mon carnet, ceux enregistrés sur les bandes magnétiques et plus encore ceux du blogueur semblaient s'entremêler sans jamais se reconnaître, sans jamais se rencontrer. Dalida dans un coin de ma tête chantait " Encore des mots toujours des mots" mais ce n'était pas les mêmes mots. Peu importait la difficulté, je réussirai à défaire les nœuds, j'étais suffisamment rusé pour cela et ce "savoir-flair" qui avait assis ma réputation en son temps me sortirait, une fois encore, d'une situation aux relents d'inextricabilité. Dalida chanta encore une fois " Parole, parole, parole".

Je n'étais alors que petit inspecteur cantonné aux basses besognes. Il va sans dire que depuis, je mets un point d'honneur à maîtriser tous les aspects d'une enquête, même les plus anodins, l'expérience m'ayant appris que, parfois, c'est dans le discret, le détail, l'infiniment quelconque que se terre la vérité. J'ai appris à me méfier des évidences, ces masques de bonté en papier mâché, ces violons joués par une chaîne stéréotypée, ces fausses poses en miroir digne d'un musée de dupes où trônerait en son centre un poncif de rimmel, ces écrans panoramiques de fumée hallucinogène dont le seul but est d'enquinauder le pékin.

Il en va de l'apparence comme des jeux de grattage, si tu ne te satisfais que de ce que tu vois, tu ne risques pas de gagner le gros lot.

A suivre…
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 11 2007 00:00
Dimanche dernier, à l'occasion du 1000ème article, je me lançais dans une enquête périlleuse à propos du mystérieux auteur de ce blog. J'aurais voulu questionner une grande partie des visiteurs. Mais, était-ce le climat de grève très peu propice aux transports de point de vue ou la période "calendriers-étrennes" des pompiers, facteurs et autres éboueurs qui donnait aux habitations la porteclosite ? Toujours est-il que, régulièrement, dès les premiers toquements à l'huis, les lumières se fermaient, les chiffres et les lettres se taisaient sur un "compte est bon" et le chien se lançait dans un concert d'aboiements entrecoupés de "chhhutttt !" dont la discrétion le disputait à l'envie de m'ouvrir la porte.

Heureusement, parfois, la lumière se faisait sur le paillasson "welcome", un signe qui déclenchait en moi le geste auguste et machinal du semeur de trouble qui sort de sa poche revolver une carte professionnelle ne laissant pas de rider les yeux scrutateurs de ses futurs interlocuteurs. Bien que devenu spécialiste de la détente armée de ma carte de commissaire, il m'arrivait de temps à autre de mal évaluer la distance carte-yeux ce qui provoquait un strabisme convergent qu'il ne fallait surtout pas confondre avec le regard fuyant de l'individu louche. La carte de nouveau en poche, je retirais du même endroit un stylo rouge et un petit carnet à spirales, prêt à jouer les Colombo du pauvre. L'expérience de toute une vie.

Au fur et à mesure que mon calepin se remplissait, je me rendais compte que cette enquête n'allait pas être aussi simple qu'il n'y paraissait au premier abord. Les avis récoltés allaient à l'encontre des informations que j'avais recueillies lors de la planque que je tenais depuis quelques semaines devant le domicile de celui qui se faisait appeler Almaterra. J'avais réussi à truffer son appartement de micros et de caméras et je m'étais même attiré les grâces de quelques complicités au sein de son entreprise.


A suivre…
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Samedi 13 octobre 2007 6 13 10 2007 16:45
J'ai promis cette semaine de fouiller  dans mes écrits pour retrouver un pastiche d'une chanson de Brassens que j'ai honteusement commis  il y a plus d'une dizaine d'années. Après relecture,  je voudrais prévenir les chastes regards et les prudes visiteurs de passer leur chemin parce que... voilà, quoi ! ;-)

Je prie également les amoureux de Brassens de m'excuser d'avoir trituré une chanson du grand homme, c'est juste pour de rire et ça n'enlève en rien tout le respect que j'ai pour l'homme de Sète.

Pour celles et ceux qui n'ont pas la chanson originale dans l'oreille, vous trouverez au bas du texte une vidéo de Brassens la chantant en live.

Enfin, dernière précision, la chanson contient une contrepétrie. saurez-vous la trouver ?

Les précautions d'usages étant appliquées, il est temps de chantonner : 

Je me suis fait tout petit

J'y avais toujours pensé pour les autres,
V'là qu'ça m'arrive.
Le petit oiseau s'étiole en rase-mottes
À la dérive.
J'étais un géant chacun sa fierté
Tellement bien placée.
Elle finit un jour par se dégonfler
La trique étriquée.

Je m'suis fait tout petit au lieu de bander
Cette pépée veut qu'on la touche.
Je m'suis fait tout petit au lieu de bander
Cette pépée veut que je la couche.

J'étais, c'est peu dire, un dur, un roc,
Une péninsule.
Le soufflé tombé au bas de mon froc
Sans que je l'emmène
Au paradis des filles au sourire
Grand comme la mienne.
Aujourd'hui, je crains de ne la faire jouir,
La vie, quelle chienne !

Je m'suis fait tout petit au lieu de bander
Cette pépée éloigne ma bouche.
Je m'suis fait tout petit au lieu de bander
Elle vise une approche moins farouche.

J'essaye une fois, j'insiste tout doux
Faut que ça glisse.
La porte se ferme, je rame comme un fou,
Le drap se plisse.
Je pense à ses seins, je pense à ses cuisses
Effort ultime.
Prie saint Godemichet pourvu qu'elle jouisse
Si je la lime.

Je m'suis fait tout petit au lieu de bander
Faut que j'me remue, elle trouve ça louche.
Je m'suis fait tout petit au lieu de bander
Cette pépée va prendre la mouche.

Toutes les pages centrales, les stars du porno
N'ont rien pu faire.
J'ai fermé les yeux, chercher vos clitos
Sans plus de manière.
J'étais un soldat, garde à vous mes frères,
Moi qu'on enterre.
Si seul un dompteur dresse sa bête à lire,
Je désespère.

Je m'suis fait tout petit au lieu de bander
Elle est partie sans que je fasse mouche.
Je m'suis fait tout petit au lieu de bander
Depuis ce jour, les hommes me touchent.


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Dimanche 16 septembre 2007 7 16 09 2007 16:45
Au sortir de l'été, les températures diminuent et le zéphyr Elzévir se lève dans une intuition de fin de cycle. Les arbres tremblent et les branches recueillent un sentiment de vide intense qu'il faudra recréer. Comme l'envoi d'un mailing par lettre manuscrite, la végétation se voit révéler à l'unisson qu'il faudra délivrer son tribut à la terre.

Le vent livre son quota de violence. Il nous tourne la tête comme on tourne une page nous procurant du sol le vertige de la feuille sacrifiée à l'autel du printemps à venir. Morte, elle ne passera pas l'hiver en papier glacé.

Le temps commande et la nature obéit. Du bel ouvrage.
Publié dans : Textes et chansons
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Mardi 28 août 2007 2 28 08 2007 17:26
-    Je me demande si la création de néologismes ne s'apparente pas à un début d'Alzheimer ?
-    Pourquoi penses-tu cela ?
-    Je me dis que c'est peut-être parce que je n'arrive pas à retrouver les vrais mots que j'en invente d'autres.
-    C'est peut-être vrai pour les mots mais pas pour les définitions puisqu'elles sont composées de mots de tous les jours, de mots du dictionnaire, du vrai.
-    Oui, mais je remarque que de plus en plus, j'emploie un néologisme en définition d'un autre néologisme.
-    Permets-moi de te poser une question : Connais-tu le prénom d'Alzheimer ?
-    Je la connais ta blague. Si je dis "Je ne sais pas !" Tu me répondras "Fais attention, ça commence comme ça !"
-    Raté !
-    D'ailleurs pour éviter de me faire avoir, j'ai été vérifier et il s'appelle Aloïs.
-    Tu vois bien que tu as une bonne mémoire !
-    Je me demande quand même si je ne suis pas un peu sénile.
-    Pourquoi ?
-    Je suis en train de parler tout seul et de me répondre.
-    …
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