Je ne sais pas comment cela se passe chez les autres coucheurs de mots mais, moi, quand j'écris un texte, je ne suis que très rarement satisfait de ce que je relis. Des fois je jette, des
fois je refais mais rarement je retravaille une autre version en parallèle de la première. A vrai dire, ce dernier cas ne m'est arrivé qu'une fois avec le texte que je vous propose aujourd'hui en
trois versions : l'originale, l'essentielle et l'étoffée. Laquelle préfèrerez-vous ?
Laissez moi vous raconter cette histoire, le conte de la folie animale :
Un singe porte ta croix sur une planète déserte.
Le cortège est suivi d'un chapelet d'ombres inertes.
Et moi qui suis absent, renard inassouvi,
Je pleure sur l'île morte de ma frigide envie.
Moi sur terre, j'ai tant craint l'avalanche.
Toi sous terre, orpheline est ta branche.
L'écran s'éloigne doucement vers mon âme digitale
Pour faire place à l'ivresse de l'impossible râle.
Un loup hurle l'ignorance par delà les étoiles,
Vers l'espace où se trouve la folie animale.
Et ma tête s'éclate sur le pavé jauni
Par le passage des verres et de ce qui s'en suit.
Et le sang coule à flot sur les yeux des passants
Qui ne voulaient que rendre leur oxygène au vent.
Changement de décor et changement d'humeur.
Tu te sens euphorique la lame dans le coeur.
Car tu aimais la mort et tu lui as prouvé.
Le corbeau croasse de joie car on va t'enterrer.
Ce n'est pas lui, tu vois, qui jouait double jeu.
Pour un caméléon, le noir est un enjeu.
Le jour est arrivé, mon cercueil est à toi.
Et derrière le croque-mort, un singe porte ta croix.
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Un singe porte ta croix sur une planète déserte.
Le cortège est suivi d'un chapelet d'ombres inertes.
Et moi qui suis absent, si ce n'est par ma vie,
je pleure sur l'île morte de ma frigide envie.
L'écran s'éloigne doucement vers mon âme digitale
pour faire place à l'ivresse de l'impossible râle.
Un loup hurle l'ignorance par delà les étoiles,
vers l'espace où se trouve la folie animale.
Et ma tête s'éclate sur le pavé jaunis
par le passage des verres et de ce qui s'en suit.
Et le sang coule à flot sur les yeux des passants
qui ne faisaient que rendre leur oxygène au vent.
Changement de décor et changement d'humeur.
Tu te sens euphorique la lame dans le coeur.
Car tu aimais la mort et tu lui as prouvé.
Le corbeau croasse de joie car on va t'enterrer.
Le jour est arrivé, mon cercueil est à toi.
Et derrière le croque-mort, un singe porte ta croix.
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King-Kong porte ta croix sur une île inconnue.
Le cortège est suivi d'un chapelet d'ombres nues.
Et moi qui suis absent, renard inassouvi,
Je pleure sous l'effet de ma frigide envie.
Ton cercueil est conduit au bas de la navette.
Si seulement les hommes étaient un peu moins bêtes.
Le vaisseau disparaît, alarme digitale,
Sous le flot sidéral de l'impossible râle.
Une bouteille à la mer me soulève le cœur.
Je la ramasse sale et vomis mon erreur.
Un loup hurle à la lune un aveu d'ignorance
Un des soleils jaloux par tant de concurrence
s'éloigne à l'infini par delà les étoiles,
Vers l'espace où naquit la folie animale.
Ma tête se rétracte à force de donner
l'impression du serein au jaune du pavé
Et le sang coule à flot sur les yeux des passants
Qui souhaitaient juste offrir leur oxygène au vent.
Changement de décor et changement d'humeur.
La nature profonde inonde la nature
Un phoenix ordurier, égoïstement sur
L'aile du temps qui passe, accomplit le miracle
De croire à son destin, d'ignorer la débâcle.
Tu nie l'euphorisant d'une lame en plein coeur.
Oui, tu aimais la mort et tu lui as prouvé.
Au loin le corbeau croasse y doit-on desseller
L'inéluctable joie qu'il aimerait cacher ?
Au regard des hommes, le rire est un pécher.
Ce n'est pas lui, tu vois, qui jouait double jeu.
Pour un caméléon, le noir est un enjeu.
Moi sur terre, j'ai tant craint l'avalanche.
Toi sous terre, orpheline est ta branche.
Le jour est arrivé, mon cercueil est à toi.
Je l'ai tellement usé, tu ne m'en voudras pas.
Derrière le croque-mort, l'habitude m'isole.
Un singe géant passe une croix sur l'épaule.