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L'Impossible Dictionnaire, c'est aussi...

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  amateur(s) de bons mots se félicitent, comme vous, d'être tombé(s) sur ce blog. Au total, ça fait quand même   visiteurs de bon goût.

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 18:09
Il n'était pas rare que les camions de la vallée aient un prénom.

Paradoxalement, les animaux domestiques quant à eux s'appelaient "Le chien", "Le chat" ou "Fous le camp". Ben – un prénom qui lui avait valu bon nombre de jeux de mots dont il se demandait si le plus dégradant était "Ben à ordure" ou "Ben Laden" – était un spécialiste des champignons, des vrais, de ceux qu'on mange en salade ou à la grecque, pas de ceux jolis qui blessent, qui font planer ou qui tuent. Il en transportait depuis qu'il avait été recueilli en deuxième main par son chauffeur qui, comme les animaux, n'avait pas de prénom.

Ils se connaissaient depuis si longtemps que les errances éthyliques de l'un n'empêchait pas l'autre de toujours retrouver le chemin de la clairière. Et puis un jour, le conducteur changea. Ben se sentit trahi, abandonné. Celui avec qui il avait connu tant de kilomètres ne voulait plus de lui. Etait-il ce qu'il n'avait jamais voulu être, un poids trop lourd pour le vieux conducteur ?

Ben dépérit, ses roues flageolaient, son moteur toussait et ses phares devenaient humides à chaque fois qu'il se remémorait les virées d'antan. Comme de toute sa vie de camion, il ne s'était jamais mal conduit, il décida que c'était la fin de la route. Il trouva le bas côté séduisant et s'abima hors du bitume. Chacun sa route, chacun son chemin. Ben finit dans le ruisseau.

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Pierre-Henry Muller

Cliquer ICI pour découvrir l'univers du photographe.
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 16:56
De là haut, je surveille un parterre silencieux auquel je n'ai jamais appartenu. Pour que je garde leurs plus grands secrets, leurs plus grandes faiblesses, les hommes me veulent immonde. A la laideur repoussante qu'ils m'infligent, je ne peux qu'éprouver compassion et bienveillance envers mes créateurs. Trop tendre, trop poreux, la facile ignorance envahie toutes leurs âmes. Le mal y reconnaît le tremplin de la gloire lorsque je n'y perçois aucune trace de malice. Ce ne sont que des hommes, ils ne savent pas ce qu'ils font. Ainsi est mon regard, mon cœur n'est pas de pierre, quelle ironie du sort. Me monte à la gorge les larmes du monde que j'évacue calmement quand la pluie sombre m'inonde.

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Gérard Laurent

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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 16:31
Dans le bistrot, rue Florentine,
J'aimais très tôt, comme la comptine
Dit aux enfants pas toujours sages,
L'école avant, après l'image.
Dans le bistrot, toute la journée,
Y avait Raymond, y avait René
Toujours tapis devant le zinc
Contre les hippies, contre les "painks".
Rue Florentine

Dans le bistrot, rue Florentine,
J'aimais très tôt la jouer fine
En écoutant d'un air très sage
Les conversants, les maraudages.
Rue Florentine

René, Raymond, rue Florentine
Changeaient le monde devant une fine.
Raymond, René, toujours bavards,
J'aimais raisons comme le comptoir.
Et les bicots, tous des couards,
Boivent que de l'eau, même pas de pinard.
Et le tiercé, j'en ai eu qu'deux.
C'est ma tournée, patron les deux.
Rue Florentine

Une engueulade, un Armagnac
Une accolade et un Cognac
Un coup de gueule, un coup de Gueuze
Un coup de gnole, une blague honteuse
Rue Florentine

Un lourd matin où il pleuvait,
Le vieux René n'est pas venu.
Raymond pourtant a attendu
La matinée, toute la journée.
René est mort pendant la nuit
D'un rêve sans doute un peu trop fort.
Il s'est couché, maintenant il dort.
La bruine est triste sans parapluie.
Raymond est venu tous les jours.
Puis une à deux fois par semaine.
Raymond devient un peu plus sourd.
Un ciel d'orage pleut toute sa peine
Rue florentine

Dans le bistrot, petit bistrot,
J'écris un mot, un petit mot.
Sur une table, j'écris un mot.
Sur une table, un seul mot.
Dans le bistrot, rue Florentine,
J'aimais très tôt comme la comptine.
La vie c'est court, l'ennui c'est long.
Trois petits tours et puis s'en vont.
Rue Florentine
Rue Florentine
Rue Florentine
Trois petits tours et puis s'en vont.
Rue Florentine


Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Gérard Lavalette

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 16:28
Le ciel semble zébré d'une lueur zénithale. La plage en a rêvé comme Zazie dans sa rame. En illusion sereine, la donzelle de douze ans suppose mille questions : Le ciel est-il hors zone ? Bouche-t-on la couche d'ozone ? Sinon, que risque-t-on quand le soleil brille et que la peau bronze ? Les anges qui ne font pas de zèle, au lieu de lui répondre préfèrent, preuve d'ignorance, s'enfuir à tire-d'aile. Heureusement Zorro, résout l'irrésolvable et protège la femme en lui offrant en guise d'asile du Zadig et Voltaire. D'un zip, il use la rose qui ose montrer son âme. Au cœur de la raison, la petite s'éveille, s'étire et se souvient juste de l'envol, du ciel déchiré et de sa crise de foi. Pour ne pas oublier cette bribe d'infini, elle prend son téléphone et vise les nuages.

Les photos ont les réponses qu'ignorent parfois les hommes. Pour en être télé-objectif, on en est pas moins zoom.

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Barbara

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 16:49
Sous le bleu toit du monde, l'ivresse des hauteurs en neiges éternelles nous fournit les glaçons qui bercent l'impossible. L'hyperbole des méga bulles sourit à la providence qui du haut de son âme reçoit le poids des anges. Soupire, jeune silhouette, c'est la fin du martyr des singes aux alouettes. L'envol est bien plus beau quand il est secondaire et la nature reprend son oxygène au vent.

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Barbara

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 16:34
Pourquoi fallait-il que je monte cet escalier ? J'étais très bien en bas à m'occuper de mes fleurs, à sourire aux enfants, à faire la gueule aux adultes, à aimer mon métier au point d'en demander encore et à ne pas rater la messe dominicale. La maladie nous fait décidément prendre de drôles de chemin.

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Barbara

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 16:46
Il est une étrange légende qui prétend que les cigognes trop accaparées à leurs livraisons de bonheur se sont vues seconder par les mouettes et les sternes afin de veiller dans un service après-vente discret sur les bagages minces bien décidés à empoigner la vie. Leurs visites se passent une fois par an, en été, à l'heure où les foules s'entassent joyeuses sur le sable et les galets, ce qui explique sans doute le fait que tous croient que ce sont des oiseaux marins. Plus tard, elles seront remplacés par les moineaux dont la mission sera de préparer le retour en usine pour une révision complète qui, comme il se doit, sera prolongée par les préparatifs à une nouvelle livraison.

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Barbara

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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 16:53
Sous la pluie poussent les ruisseaux
Gonflent l'eau gonfle le vent
Qui d'abord penchent les roseaux
Puis engouffrent les vivants

La pluie cesse au bois dormant
Quand le soleil se mire là
Dans l'eau calme du torrent
Refoulant l'âme d'Attila

Sur les berges s'agglutinent
En un effroyable décor
Le fruit des gouttes assassines
Qui repose en mille corps

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Pierre-Henry Muller

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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 16:43
A l'instar de la jeune fille du dictionnaire, j'aimerai pouvoir semer mon amour à tout vent mais la pudeur de mes sentiments et un goût certain pour le non-dit qui en dit plus que les mots m'amène à nier Éole au profit d'un calme complice et tellement plus rassurant.

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Barbara

http://www.barbarette.com/article-7053643-6.html.
 
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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 16:48
C'était il y a quelques jours, je tentais de m'endormir après une soirée mouvementée quand j'entendis du bruit, comme des grattements irréguliers dans le grenier. Pas des souris, quand même !

Il fallait que j'en aie le cœur net. Je m'armais de courage et d'un long bâton métallique d'environ deux mètres avec un petit crochet au bout. C'est que pour accéder aux combles, il faut faire glisser un loquet retenant au plafond la porte du grenier. Une fois ouverte, ce même bâton permet de tirer un escalier rétractable. La gymnastique des bras achevée, il faut se munir de chaussures à semelle épaisse pour que la montée et la descente ne se fassent pas dans un concert de grimaces douloureuses et de jurons plus inventifs les uns que les autres. C'est qu'il allait regretter de m'avoir réveiller ce mulot de mes deux ! Il allait se retrouver fissa au paradis des insidieux !

Mais quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur deux magnifiques chatons. Depuis, ma liste de course est plus lactée et mes solitudes sont moins pesantes. Et une chose est sûre, grâce à mes nouveaux amis, je ne me lancerais plus de la sorte à la chasse aux rongeurs.

Ce petit texte m'a été inspiré par cette photo de Barbara

http://www.barbarette.com/article-7071815-6.html.
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