Pour défendre la veuve, son fils ou l'orphelin.
Pour l'étape du jour, elle a choisit l'auberge,
A remettre le couvert, de connerie elle a faim.
J'écris pour toi ma belle, toi qui es rejetée,
J'écris pour toi, pour elles, tes sœurs de ghetto blanc.
J'écris contre les cons, tous ceux que pour "Les B."
J'appelais les chauvinistes, les francos, les branlants.
Tous ces ayatollahs de la vie, de l'amour
Qui promulguent leurs lois sans aucun sentiment
Transposent leur castration en talion des grands jours
Je parle de leur esprit, je crois que c'est évident.
Si il faut que l'on aime, que cela soit aux normes,
A l'image de l'aimant le plus attire le moins.
Ton miroir te reflète ce qui t'attire, tes formes,
Ta parallèle te voit mais jamais ne te rejoint.
C'est avec toute ma haine que j'écris ce constat
Au nom d'une liberté si souvent bafouée.
C'est étreint de tendresse que je m'adresse à toi
N'étant pas de tes goûts, pour moi c'est étranger.
Oui, j'ai dit "étranger", dans le bon sens du terme,
Pas d'uniformité, vive la différence.
Si tous ressemblaient à ce que je renferme,
Demain je m'évaderais en éternelle errance.
Mais ce n'est pas parce que je ne suis pas de ceux
Qui ont le monopole de ton amour physique
Que je te livrerais à toutes ces petites queues
Frustrées de ne t'avoir au lit, c'est pathétique.
Je t'imagine parfois te contemplant les mains,
Ton regard est plongé dans celles d'une victime.
Tu dois te demander ce qu'elles ont de commun
A celle qui t'a écrit cette lettre anonyme.
La lettre est sur la table et tu l'as lue deux fois,
Une première pour la lire, une autre pour y croire.
Au vil pays des lâches, ce pli étale un droit.
Un majeur suffira, range-moi donc ce mouchoir.
Bien sûr qu'il faut se battre contre ces poules de haine.
Ne pas lâcher la corde et relever les gants.
Dis leur que tu es femme avant d'être lesbienne
Et que c'est ta nature par manque de bons amants.
Dis leur à tous ces mâles, à tous ces gras machos
Que l'amour entre femme est douceur et caresse,
Que la violence du rut c'est pour les animaux,
Qu'une bite dans le cul, ça fait trop mal aux fesses.
Et dis leur que l'amour, selon le temps, le nombre
Change parfois de genre féminin, masculin.
Et ce n'est pas ta faute, si en cas de surnombre
Ton cœur, étant si gros, il bat au féminin.
Dis-leur, dis-leur, dis-leur… Ca ne changera rien !
Leur cerveau en minceur est battu par leur sexe.
Mais de crier comme ça, putain, ça fait du bien !
Ils voulaient une victime et tu n'es qu'un prétexte.
Ce qu'ils ont dans la tête, les frustrés du six coups
Quand ils pensent aux deux femmes, érection à l'extrême,
Le couteau en action, la bible dans l'égout,
Ce n'est pas de punir, c'est d'être le troisième.
Je dois pourtant te dire ou plutôt t'avouer
Que l'idée du trio m'a parfois effleuré
Et rien que d'y penser, mon stylo bleu foncé
Redresse l'écriture que j'ai parfois penchée.
Le fantasme s'envole vers mon regard songeur,
Je ne peux plus écrire la moindre méchanceté.
J'espère t'avoir donné un peu de baume au cœur,
Je te quitte, on est quitte, mon cœur est tout gonflé.