Autres temps, autres mœurs, je ne suis plus animateur radio, j'ai vieilli et le net - et plus particulièrement Myspace - a pris le relais. L'effet pervers de la chose est que de page en page, au fur et à mesure des découvertes, les talents nous éclaboussant en permanence, l'appréciation se fait plume de canard et la qualité nous glisse dessus sans rarement nous atteindre. Trop de talents tuent le talent. Régulièrement, je m'extasie à l'écoute de morceaux de qualité que j'oublie cinq minutes plus tard à l'écoute d'autres chansons magnifiques. Et ainsi va la vie de l'internaute qui, le lendemain, a oublié le plaisir de la veille ne pensant qu'aux prochaines découvertes. Pourquoi s'arrêter quand on a la possibilité de parcourir une planète entière de talents ? Pourquoi s'attarder à réécouter ici quand on peut être surpris ailleurs ?
Cependant, il y a heureusement des exceptions et Vincent Baguian en est une.
La première fois que j'ai entendu une chanson de lui à la radio, je ne savais pas que c'était lui. J'entendais une voix inconnue chanter un numéro de téléphone et j'ai adoré immédiatement. Seulement, personne n'est venu, après le morceau, préciser qui était ce chanteur. Déception !
Et puis quelques semaines plus tard, il m'a été conseillé par l'un d'entre vous (je suis désolé, je ne sais plus qui !) de me pencher sur ce chanteur qui assurément avait tout pour me plaire. Et c'est qu'il a tapé dans le mille, le bougre. C'est mélodieux, c'est fin, c'est drôle, c'est totalement inattendu. Je suis tombé sous le charme ! Vincent Baguian a remplacé Benabar dans mon cœur, ce qui n'est pas un maigre exploit.
Alors bien sûr, les puristes et fans de la première heure me diront que j'ai 10 ans de retard ("Pas mal", son premier album est sorti en 1997) et que je n'ai pas à frimer d'une découverte aussi tardive. Ce à quoi je répondrais : Qu'est-ce que 10 ans dans la vie d'un éphémère ? Qu'est-ce que la relativité du temps comparé à l'instant d'éternité que nous procure l'écoute d'une chanson de Vincent Baguian. Comme je te les ai mouché les puristes et les fans de la première heure qui m'ont dit que j'avais 10 ans de retard !!
Malheureusement, je ne possède pas l'esprit d'analyse indispensable à tout critique pour expliquer pourquoi j'aime chansons de Vincent Baguian. Je peux juste vous dire que depuis que j'ai acheté l'album, je l'écoute en boucle et que je ne m'en lasse pas.
A eux seuls, les vers qui suivent - dignes de concourir pour le concours de chansons-flash que nous organisons en ce moment - justifient l'achat de ce troisième opus (va falloir que je me procure les deux premiers rapidement, moi !) du Monsieur, "Ce soir, c'est moi qui fait la fille".
"Je suis un escargot
J'm'écrase facilement, je n'sais pas me défendre dans le zoo
A peine plus évolué que la limace,
Ma seule ambition, c'est de laisser une trace."
Une petite visite sur la page myspace du chanteur s'impose, histoire de coller des notes aux mots.
Allez, reprenez avec moi la chanson n°11 du CD : "On t'aime Vincent Baguian" !