Les dictionnaires, je l'ai déjà prouvé, sont le dernier refuge de l'aventure, du fantastique et de la poésie, le dernier avatar d'Alexandre Dumas. Les dictionnaires sont si belles et bonnes choses que, comme disait Saint Louis des prudhommes, rien qu'à prononcer le mot on en a plein la bouche. Résiste-t-on à de tels attraits ? Non. La preuve en est qu'à Angoulême, François C. et Guy L., à peine âgés de quinze ans, ont volé petit à petit, à M. Laurent Aucire, 130 000 francs pour s'acheter un dictionnaire ! (Un dictionnaire à épisodes, comme Fantômas !) Tous les journaux ont raconté la chose."
Les Chroniques de la Montagne - 22 décembre 1953