Le signe le plus inquiétant de cette débâcle des pays surdéveloppés pouvait bien être l'écroulement de l'industrie automobile, la manne routière qui avait enrichi tellement d'États.
Mais la bagnole, cette gnôle de l'homme moyen, ne trouvait plus d'acheteurs. L'argent était devenu trop difficile à gagner pour le mettre dans du superflu et ceux qui possédaient une vieille voiture n'avaient plus de quoi mettre du carburant dans leur moteur.
Panne sèche qui ruinait l'État, sans parler du manque à gagner, pour le ministère des Finances, de la vignette auto et des assurances obligatoires.
C'est en 2001 qu'on trouva comment combler ce trou-là : on imposa la vignette piéton pour tous ceux qui n'avaient pas de voiture et on les força à prendre une assurance transports en commun.
Conte extrait de "188 contes à régler" écrit en 1988 par Jacques Sternberg (Editions Denoël)