Quand l'artiste laisse transparaître l'homme, sa vulgarité - au sens littéral - nous rappelle à notre propre humanité. L'artiste est lumière. Le quotidien le rend sombre. Ses lunettes, même, se teintent de noir. En dehors des sunlights, il lui faut retrouver le plaisir, l'extase des concerts, de cet amour partagé avec la foule.
Du haut de l'adulation que suscite l'artiste, l'homme peut avoir le sentiment de se sentir un Dieu, de pouvoir agir au-dessus des lois du commun des acheteurs de CD. Et il dérape sur des substances illicites ou des jeunes enfants quand ce n'est pas sur les deux en même temps, quand on aime on ne compte pas.
L'inconscient collectif intègre avec une facilité étonnante ce type de réflexion. Est-ce à penser qu'eux aussi pourrait déraper de la sorte dans cette situation ? La nature humaine est-elle à ce point compréhensible pour les travers dont elle se sait pouvoir être atteinte ? Les légendes urbaines ne trouvent écho que parce qu'on n'a aucune difficulté à les croire vraies.
Était-il pédophile ou la plainte n'avait d'autre but que de souiller, de se venger, que sais-je, de récolter de la monnaie sonnante est trébuchante ? Le non-lieu laissera la question en suspens. Le fait est que Le 13 juillet 1963, il sera appréhendé et écroué au motif d'avoir eu une relation intime avec deux allemands de 20 ans - la majorité à l'époque étant à 21 ans. Malgré les soutiens de nombreux de ses fans, cet épisode affectera profondément Charles Trenet.