L'homme est un amateur de morbides épluchures. Il existe donc un art de cuisiner les restes. Existe-t-il un art de cuisiner les miettes ? A l'heure écologique, le recyclage fait office de bienfait pour l'humanité. En son temps, le chimiste Lavoisier, paraphrasant le philosophe turc - au nom tellement succulent - Anaxagore de Clazomènes, écrivait "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". De déchets faisons des succès grâce à l'alchimie thanatologique.
La mort obsède le vivant, manipule l'existence, succède à la vie. L'art transcende la mort. L'être humain a une fin mais son œuvre est immortelle. L'art est la preuve que l'âme existe et qu'elle survit à l'homme, à l'artiste.
La question posée en titre ne m'est pas venue du roi de la pop mais d'une vieille dame que vous ne connaissez sans doute pas, Mary Ann Shaffer. Née en 1934, cette ancienne bibliothécaire et libraire est décédée en février 2008, peu de temps après avoir su que son premier roman allait être publié. Ce livre rencontre un immense succès littéraire et est en passe de devenir le best-seller de l'année. Une situation à la fois triste et heureuse qui rappelle l'histoire de Stieg Larsson, l'auteur de la trilogie Millenium.
Le port du posthume serait-il le secret du succès ?
Le fait est que "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" est un livre épistolaire succulent qui contient tout l'amour des livres de son auteur. Un très joli voyage.