Mais pendant toutes ces années, je n'avais jamais osé me mettre en toile. Et c'est le 21 mars 2006 que je sautais le pas en expliquant mon geste de la sorte :
"Pour tout dire, ça me titillait depuis un bon bout de temps. A vrai dire, j'ai toujours aimé écrire, de la période adolescente tourmentée aux poésies nihilistes jusqu'aux mails d'une banalité tranquille juste pour dire que "ça va bien et qu'à part ça, ben... ça va bien, quoi !!" en passant par ces coups de gueule incendiaires - j'ai toujours trouvé que mon "style" prenait de l'épaisseur et de la grandiloquence dans les moments de noirs écrits - que je pouvais ça et là mettre en ligne au détour d'un forum ou d'un site "ami" exprimant mécontentements et explications rarement comprises.
Mais en vieillissant, je me suis senti impropre aux mots. Par baisse de régime ou par excès de réalisme, la plume m'est tombée de l'esprit et le pays de mon âme s'est retrouvé orphelin d'encre.
C'est que je ne sais pas - ne sais plus ? - si ce que j'écris, je pense ou simplement je soupçonne d'être juste est partagé ou partageable à défaut d'être, oh joies mégalomanes suprêmes, admiré ou admirable.
L'incertitude me pèse et, à ce titre, j'ai décidé de mettre un peu de mon âme en bouteille."
Au bout de quelques messages lus par personne et logiquement sans commentaire, j'abandonnais le blog.
C'est le 27 décembre dernier que le démon des blogs récupère la bouteille et je m'applique dès lors à une régularité sourde et aveugle. Je ne suis pas lu ? Peu importe ! Je me rassure en me disant que peut-être, un jour...
Ce sont essentiellement des textes que j'ai écrit il y a quelques années et que je retravaille pour l'occasion qui alimentent le blog. En fouillant et refouillant dans mes cartons et mes classeurs à la douce odeur de vieux papier que je tombe sur une idée que j'avais eu il y a fort longtemps, l'impossible dictionnaire.
Le 21 janvier 2007 - curieux cette redondance du 21 ! - les premières définitions de ce barge dictionnaire fleurissent sur cette page. C'est le coup de talon qui manquait au blog pour attirer l'attention des visiteurs qui, depuis, sont plus nombreux de jours en jours.
A ce propos, j'en profite pour remercier les habitués du blog, ceux qui se sont abonnés à la newsletter, qui utilisent le flux rss sur Netvibes ou ailleurs, ceux, enfin, qui ont juste pris l'habitude de me rendre une petite visite de temps en temps. Une mention toute particulière à ceux qui me laissent leurs commentaires. Le commentaire est au blog ce que les applaudissement sont à l'artiste scénique.
Alors, prêt pour une deuxième année ?