Le cortège est suivi d'un chapelet d'ombres nues.
Et moi qui suis absent, renard inassouvi,
Je pleure sous l'effet de ma frigide envie.
Ton cercueil est conduit au bas de la navette.
Si seulement les hommes étaient un peu moins bêtes.
Le vaisseau disparaît, alarme digitale,
Sous le flot sidéral de l'impossible râle.
Une bouteille à la mer me soulève le cœur.
Je la ramasse sale et vomis mon erreur.
Un loup hurle à la lune un aveu d'ignorance
Un des soleils jaloux par tant de concurrence
s'éloigne à l'infini par delà les étoiles,
Vers l'espace où naquit la folie animale.
Ma tête se rétracte à force de donner
l'impression du serein au jaune du pavé
Et le sang coule à flot sur les yeux des passants
Qui souhaitaient juste offrir leur oxygène au vent.
Changement de décor et changement d'humeur.
La nature profonde inonde la nature
Un phoenix ordurier, égoïstement sur
L'aile du temps qui passe, accomplit le miracle
De croire à son destin, d'ignorer la débâcle.
Tu nie l'euphorisant d'une lame en plein coeur.
Oui, tu aimais la mort et tu lui as prouvé.
Au loin le corbeau croasse y doit-on desseller
L'inéluctable joie qu'il aimerait cacher ?
Au regard des hommes, le rire est un pécher.
Ce n'est pas lui, tu vois, qui jouait double jeu.
Pour un caméléon, le noir est un enjeu.
Moi sur terre, j'ai tant craint l'avalanche.
Toi sous terre, orpheline est ta branche.
Le jour est arrivé, mon cercueil est à toi.
Je l'ai tellement usé, tu ne m'en voudras pas.
Derrière le croque-mort, l'habitude m'isole.
Un singe géant passe une croix sur l'épaule.